C’est l’histoire d’un couple toxique qui a été déroulée devant le tribunal correctionnel pour des violences commises par M.M. compagnon de J.V. avec qui il a deux fillettes, aujourd’hui placées. Une relation des plus compliquées d’autant que ce n’est pas la première fois que l’homme comparait devant la justice puisqu’il affiche 6 mentions au casier judiciaire. Tous deux étaient absents lors de l’audience.
Les faits se sont déroulés en mai 2023 au domicile du couple. La victime appelle les gendarmes car son conjoint voulait partir avec sa fille alors qu’il n’avait plus le permis de conduire, comme le détaille la présidente du tribunal : "Elle voulait l’en empêcher et il lui a mis une gifle après une altercation verbale. Elle explique aux gendarmes qu’il l’a déjà menacée de mort en lui disant "je vais t’égorger, je vais te crever, te jeter de l’acide sur la gueule". Elle va ensuite dénoncer d’autres violences : "Elle a raconté qu’alors qu’elle était descendue de voiture, son compagnon l’avait suivie et lui avait roulé sur le pied et se plaint également d’une blessure sur la cuisse et même d’une morsure. Une autre fois, il lui aurait brûlé la joue avec une cigarette".
Il la traite de "grosse crasseuse"
Le prévenu explique qu’ils se sont effectivement disputés mais qu’ils se sont crachés respectivement au visage mais qu’il n’y aurait pas eu de violence tandis que sa compagne décrit une ambiance particulière : "Elle dit qu’il est très jaloux, qu’il la rabaisse en permanence en lui disant qu’il la trouve moche. Il a aussi fait faire des tests ADN pour chacune de leurs filles". Pourtant, par un courrier adressé au procureur de la République, elle va revenir sur toutes ses accusations : "La blessure au pied, elle dira qu’elle a oublié de mettre le frein à main et que la voiture a reculé sur elle. La brûlure de cigarette à la joue, elle va affirmer qu’elle s’est battue avec une autre fille dans un bar". En garde à vue, le conjoint irascible va, de son côté, admettre ces mêmes violences : "Il reconnaît les menaces mais pas la gifle, dit qu’en effet, il l’a mordue, lui a roulé sur le pied et que la brûlure à la joue a été certainement faite lors d’une dispute mais sans faire exprès".
La procureure de la République a pointé la "violence quotidienne et répétée de la part du conjoint": "Il admet qu’il lui dit tous les jours qu’elle est "une grosse crasseuse". C’est une victime qui a eu le courage de porter plainte et qui, finalement veut retirer sa plainte. Le rôle de la justice est de protéger les victimes contre elles-mêmes. Je requiers 12 mois de prison avec un sursis probatoire de 2 ans". Pour l’avocat du prévenu, Me Jacques Bertrand, son client ne conteste pas les faits : "il y a une reconnaissance de culpabilité suffisante sur l’essentiel. C’est leur mode de vie, leur façon d’être à l’un et à l’autre. Ils ont repris la vie commune et il n’y a pas eu de nouvelle alerte. Pour lui, la vie est une affaire de violence, une intervention judiciaire est nécessaire". Le tribunal a condamné M.M. à 12 mois de détention assortis d’un sursis probatoire de 2 ans.
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