Cet article vous est offert
Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous
Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ?

« Qui pour représenter la France au sein du Conseil européen ? »

Le juriste Alan Hervé estime, dans une tribune au « Monde », que la nouvelle donne politique issue des élections législatives fragilise la présence au sein de l’instance européenne du président français, qui devrait prendre des décisions avec l’accord du premier ministre.

Publié le 01 septembre 2024 à 12h00, modifié le 01 septembre 2024 à 14h41 Temps de Lecture 3 min. Read in English

Article réservé aux abonnés

Non prévu initialement dans les traités communautaires mais imaginé et institué par Valéry Giscard d’Estaing, renforcé par le traité de Lisbonne (2009), le Conseil européen s’est imposé comme le centre de gravité du système institutionnel de l’Union européenne (UE). Son pouvoir s’est accru à l’occasion des crises récemment traversées par l’Europe, qu’il s’agisse de celle de la zone euro, de la crise sanitaire ou de la guerre en Ukraine.

Autant d’épisodes qui ont nécessité des décisions lourdes, adoptées dans des délais contraints, que la légitimité du Conseil européen a rendues possibles. Souvent confondue avec le Conseil de l’UE, qui réunit des représentants de rang ministériel, l’institution rassemble en effet les « chefs d’Etat ou de gouvernement », soit le plus haut niveau de responsabilité politique qui puisse exister au sein des Etats membres. Les traités européens laissent cependant à ces derniers le soin d’y désigner leurs représentants, conformément à leurs règles constitutionnelles internes.

Conformément à la logique de leurs régimes parlementaires, les Etats sont le plus souvent représentés par des chefs de gouvernement. C’est l’option retenue par l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie ou la Pologne. Les cas où le chef de l’Etat, en l’occurrence un président, est désigné par l’Etat membre font figure d’exceptions. Tel est le choix de Chypre, de la Lituanie et de la Roumanie, où le président, élu au suffrage universel direct, se voit reconnaître des pouvoirs en matière de politique étrangère par la Constitution. C’est aussi celui de la France.

Une représentation bicéphale

Dans un contexte de transfert continu des compétences des Etats membres vers l’Union, le Conseil européen apparaît du reste comme un lieu-clé de l’exercice du pouvoir présidentiel. Pour Emmanuel Macron, qui a dès 2017 placé l’Europe au centre de son projet politique, la présence au Conseil européen constitue à n’en point douter un enjeu crucial, sinon existentiel.

Cette participation du président français repose pourtant, d’un point de vue juridique, sur des bases fragiles. Initialement censée instaurer un véritable régime parlementaire, la Constitution de 1958 ne consacre pas clairement un rôle de représentation sur le plan international au profit du chef de l’Etat. Celui-ci s’est cependant imposé, à raison d’une lecture présidentialiste de la Constitution encouragée par l’élection du président au suffrage universel direct à la suite du référendum du 28 octobre 1962.

Mais cette pratique a été interrompue à l’occasion des trois cohabitations qu’a connues la France depuis 1986. Un compromis fut alors trouvé entre le chef de l’Etat et le premier ministre, qui se traduisit par une représentation bicéphale lors des réunions du Conseil européen. Les deux sommets de l’exécutif (Mitterrand-Chirac, Mitterrand-Balladur puis Chirac-Jospin) parvinrent alors, non sans certaines tensions qui restèrent toutefois discrètes, à y formuler une expression commune.

Il vous reste 52.32% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Lecture du Monde en cours sur un autre appareil.

Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois

Ce message s’affichera sur l’autre appareil.

  • Parce qu’une autre personne (ou vous) est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil.

    Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois (ordinateur, téléphone ou tablette).

  • Comment ne plus voir ce message ?

    En cliquant sur «  » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.

  • Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ?

    Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Ce dernier restera connecté avec ce compte.

  • Y a-t-il d’autres limites ?

    Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents.

  • Vous ignorez qui est l’autre personne ?

    Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe.

Lecture restreinte

Votre abonnement n’autorise pas la lecture de cet article

Pour plus d’informations, merci de contacter notre service commercial.