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Daniel Cohn-Bendit et Zaki Laïdi : « Le choix du premier ministre devrait se porter sur une personnalité rompue aux usages de la politique, mais suffisamment respectée pour transcender les clivages »

L’ancien député européen Daniel Cohn-Bendit et le politiste Zaki Laïdi estiment, dans une tribune au « Monde », que le futur premier ministre devra, pour éviter la censure, ne pas apparaître comme l’homme du président ou un futur candidat à la présidentielle, et faire voter le passage à la proportionnelle.

Publié aujourd’hui à 04h45, modifié à 07h51 Temps de Lecture 3 min. Read in English

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La magie des Jeux olympiques a opéré. Elle a enchanté la France et son peuple. La débauche d’énergie, de talent et de créativité les a galvanisés au-delà de toute espérance. Autant de ressources qui ne seront pas inutiles pour aborder la crise politique, dont il nous semble possible de sortir à condition d’en avoir la bonne lecture.

La situation est fort délicate. Mais il serait dommageable de vouloir l’enjamber dans l’attente d’une présidentielle anticipée. Car rien ne serait plus faux que de voir dans cette crise le seul résultat de la décision de dissoudre l’Assemblée nationale. Elle n’a bien sûr rien arrangé. Mais le mal était déjà là. Il résulte de l’incapacité d’une bipolarité électorale à s’accommoder d’une tripartition politique que seule une logique de compromis peut surmonter. Mais l’hyperprésidentialisation du système rend cet exercice impraticable.

Pour sortir de l’impasse actuelle, le choix du nouveau premier ministre est donc essentiel. Mais la couleur de son plumage politique importe moins que son ramage. A cette fin, il lui faudra prendre trois engagements vis-à-vis de l’ensemble de la représentation nationale. Trois engagements qui peuvent inciter une majorité de députés à ne pas le censurer.

L’intérêt de la proportionnelle

Le premier sera de considérer son passage à Matignon non comme un mauvais moment à passer dans l’attente de nouvelles élections, mais comme une tentative crédible pour dénouer une partie de la crise. Car ne nous y trompons pas : si de nouvelles élections interviennent dans un an, elles seront probablement suivies d’une présidentielle anticipée. Soit parce qu’elles ne permettront pas de modifier sensiblement les équilibres entre les trois blocs, soit parce que, dans l’hypothèse d’une victoire du Rassemblement national (RN) en 2025, celui-ci sera en droit de réclamer un scrutin présidentiel pour clarifier le paysage. Autant dire que, en dehors de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon, les autres forces politiques n’ont pas un intérêt immédiat à provoquer une crise.

C’est pourquoi le nouveau premier ministre doit prendre deux autres engagements. Affirmer clairement qu’il ne sera pas lui-même candidat à la prochaine élection présidentielle. En contractant un tel engagement, les forces politiques, hors RN et La France insoumise (LFI), pourront trouver intérêt non pas tant à le soutenir qu’à ne pas le renverser.

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Il devra faire ensuite voter une nouvelle loi sur le mode de scrutin proportionnel. Certes, une projection des résultats de 2024 sur une base proportionnelle ne modifierait pas les équilibres entre les forces. Ils accroîtraient d’ailleurs probablement la représentation du RN, ce qui est arithmétiquement logique.

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