La convocation surprise des élections législatives par Emmanuel Macron le 9 juin dernier a réveillé des initiatives de certains catholiques pratiquants qui attendaient le moment favorable pour s’engouffrer derrière une coalition des droites. Un mouvement qui ne va pas de soi, tant le Front national (FN), rebaptisé Rassemblement national (RN) en 2018, a toujours entretenu une relation compliquée avec l’Église catholique, au point de longtemps trouver moins d’électeurs chez les pratiquants qu’ailleurs dans la population française.
Mais la perspective de l’arrivée du RN et de ses alliés au pouvoir sonne pour certains comme une revanche contre un « système » par lequel ils se sont sentis méprisés lors de la Manif pour tous en 2013, et révèle aussi les inquiétudes d’une certaine sociologie. « Ces catholiques pratiquants sont presque tous des enfants de la bourgeoisie. Ils raisonnent par conscience de classe, même s’ils ne le savent pas. La France ne leur est qu’une plus grande propriété », raille Jacques de Guillebon, essayiste hier très proche de Marion Maréchal, qui a coupé les ponts depuis. « Cela fait tellement longtemps que nous attendons de renverser la table !, piaffe un collaborateur d’élu de l’Ouest parisien. Cette France qui va à la messe le dimanche et qui se sent en voie de disparition face à l’islam, découvre subitement que des personnalités proches de ses convictions pourraient gouverner demain ! »
Ces réseaux anciens ou nouveaux se superposent, s’affrontent parfois, mais aujourd’hui vont dans la même direction : celle d’une victoire du RN et de l’union des droites. Cartographie des « sept familles » en présence.
1. Le réseau frontiste historique
Elle est loin, l’époque où une messe en latin était célébrée lors la fête des Bleu-blanc-rouge, le rassemblement annuel du FN. L’accession de Marine Le Pen à la tête du parti en 2011 a sonné le glas de la tendance « catho-tradi » frontiste, largement pu
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