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Conscience professionnelle : une valeur mise à mal ?

L’organisation du travail malmène la volonté de bien faire et l’implication des salariés. La demande de professionnalisme revient comme un boomerang

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Publié le 14 novembre 2014 à 12h34, modifié le 19 août 2019 à 14h18

Temps de Lecture 4 min.

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« Il y a des tire-au-flanc et des gens malhonnêtes, mais, dans leur majorité, ceux qui travaillent s’efforcent de le faire au mieux et donnent pour cela beaucoup d’énergie, de passion et d’investissement personnel », estime le psychiatre Christophe Dejours, professeur au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) et fondateur de la psychodynamique du travail. Alors, pourquoi assiste-t-on parfois à une moindre implication dans le travail, à un désengagement, voire à de l’absentéisme ? D’où vient cette crise de la conscience professionnelle, qu’est-ce qui a abîmé la valeur travail ?

« Le manque de reconnaissance fait que l’on perd sa motivation. On met moins d’investissement et donc de conscience professionnelle dans son travail. C’est une spirale infernale. On fait son travail, mais sans supplément d’âme », estime Maëlys Poinsu, chef de projet dans une agence de communication. Faute d’autonomie, de moyens, de reconnaissance, les salariés perdent l’envie de bien faire. Ou de faire tout court. A cause d’un manager défaillant, d’une organisation du travail imparfaite, d’objectifs inatteignables ou contraires à ses propres valeurs, on baisse les bras, on décide de faire le strict minimum. Cela entraîne une perte d’estime de soi, et surtout la disparition du plaisir de travailler.

« Une grande majorité de salariés ont une conscience professionnelle parce qu’elle est un gage d’épanouissement. Mais cette conscience s’étiole lorsqu’il y a perte de sens, perte de direction ou l’absence de retours positifs ou du moins constructifs, analyse Marie-Laure Dancer, coach. Tout est fonction de contexte et surtout de contexte humain. » De nombreux salariés, issus de professions diverses (enseignants, infirmières, médecins, magistrats, salariés travaillant dans les entreprises de service…) se plaignent de ne plus pouvoir exercer correctement leur métier. Ou pire, de mal faire leur travail.

« La possibilité de faire son travail dans les règles de l’art est malmenée à cause d’organisations à la recherche de rentabilité financière à court terme. La conscience professionnelle est alors vidée de sa substance », analyse Yves Clot, professeur de psychologie du travail au CNAM, coauteur de Le travail peut-il devenir supportable ? (éd. Armand Colin, 240 p., 18,90 euros). De plus en plus de salariés ne se reconnaissent plus dans ce qu’ils font. « Quand le travail est ravalé, la qualité empêchée, la psychopathologie n’est jamais loin », rappelle M. Clot.

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