Minéralité, insécurité, vétusté, fermeture sur elle-même… Le diagnostic posé sur la dalle du Colombier est connu depuis longtemps. Le traitement, lui, n’est toujours pas trouvé. Alors que le quartier d’affaires EuroRennes se métamorphose de jour en jour, la partie est du Colombier, incluse dans la zac du même nom, demeure figée dans le passé. Ces dernières années, plusieurs solutions ont pourtant été envisagées pour changer en profondeur son visage. En 2018, la Ville a mené une étude pour évaluer l’impact d’une couverture intégrale de la dalle du Colombier et de l’extension de Colombia. Six ans plus tard, où en est l’idée ? « Des études sont menées pour définir le projet d’aménagement », répond laconiquement la Ville au Mensuel de Rennes. En septembre, Didier Le Bougeant, adjoint en charge du quartier centre et des commerces, évoquait aussi la fermeture des arcades sur la dalle. Sans que l’on en sache davantage aujourd’hui.
Sur le dossier Colombier, la Ville navigue à vue. La multiplicité des acteurs privés rend les opérations d’aménagement compliquées. « La plus grande partie du quartier est constituée d‘espaces privés et les immeubles n’appartiennent pas non plus à la collectivité », explique la mairie. Les projets de rénovation relèvent donc de l’initiative privée.
Réhabilitation du parking
Pour la collectivité, la seule solution est donc d’acquérir des propriétés privées, via l’aménageur Territoires publics, « afin d’impulser la transformation de l’espace. Ce qui n’est pas possible aujourd’hui ». Un processus long… et pas toujours efficace. Quand les enseignes du groupe Beaumanoir -Bonobo et Cache-cache- ont quitté leur îlot fin août, en plein milieu de la dalle, ce n’est pas la Ville qui s’est portée acquéreuse mais des franchises de fast-food, Bchef et KFC.
En attendant, la collectivité se concentre sur ce qui relève de sa compétence. Comme la réhabilitation, jusqu’à fin 2025, du parking sous la dalle, le plus grand espace de stationnement souterrain de la ville (1 200 places), propriété de Rennes métropole, exploité par Citédia. Le coût ? 11,6 millions d’euros pour moderniser l’équipement construit en 1970.
Autre chantier majeur à venir, la remise en état de la dalle du square Colombier -une place enchâssée entre les immeubles situés entre le boulevard Colombiers au sud et l’esplanade commerciale au nord- pour résoudre les problèmes d’infiltration d’eau. Attaquée par le syndicat des copropriétaires des garages du Colombier -propriétaire des lieux-, la municipalité a été condamnée par le tribunal administratif, en juin 2023, à payer 2 568 000 € aux requérants pour réaliser ces travaux. Un traitement nécessaire mais pas suffisant pour soigner le malaise du quartier.