Andrzej Nowak: «Les impérialistes russes sont insatiables»
ENTRETIEN - Pour l'historien polonais, qui vient de publier une histoire de la Pologne en six volumes, « l'approche dynamique et audacieuse » de la France en Europe de l'Est dans sa stratégie militaire est « une très bonne nouvelle », alors que Poutine veut changer l'équilibre européen en revenant au vieux concept impérial de sphères d'influence et que l'Amérique est en crise.
LE FIGARO. - Lors de son interview avec Tucker Carlson, Poutine a mentionné vingt-deux fois la Pologne, et l'a présentée comme la coupable du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Comment comprendre cet acharnement et cette réécriture de l'histoire ?
ANDRZEJ NOWAK. - Je suis de très près l'évolution de l'« imagination poutinienne » sur le thème de l'histoire. Depuis 2005, lors du 60e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, Poutine a commencé de présenter ses vues historiques en mettant en avant, pour ses interlocuteurs occidentaux, le vieux concept de zone d'influence. Il l'a fait notamment dans un article au Figaro, « Les Leçons de la victoire sur le nazisme », où il présente la Russie comme le seul pays civilisé et humaniste à l'est de l'Allemagne, en expliquant qu'elle doit faire face à toutes sortes de petits nationalismes fascisants autour d'elle.
En 2005, ce sont les États baltes qui font figure de cible préférée de Poutine. Puis cela va être le tour de…
Aetius 8
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Merci au Figaro pour cette excellente analyse.
anonyme
le
Merci, c’est très profond et bien exprimé.