Sous payés, peu réglementés, ces stages qui poussent les jeunes dans la précarité
En Suisse, les stages ne sont pas réglementés, qu’il s’agisse de leur durée, de leur rémunération ou de leur encadrement. Il existe bien certaines prescriptions disparates par canton ou par branche, mais les mailles du filet sont larges et entre elles, la précarité règne
Elles s’appellent Léa, Emma* ou Lison. Stagiaires, elles n’ont pas manifesté au début du mois pour de meilleures conditions de travail dans les cortèges du 1er mai. Et pourtant, leur situation inquiète les syndicats depuis plusieurs années. Il faut dire qu’il n’existe aucune réglementation à l’échelle fédérale quant à la durée, la rémunération ou la valeur formatrice d’un stage. Alors, dans cet angle mort, c’est une vraie jungle qui prospère, avec pour résultat un enchevêtrement de réalités très diverses, allant du stage dit «de découverte» qui permet à des jeunes en fin de scolarité de se familiariser avec un métier pendant quelques jours, à l’emploi déguisé s’étendant sur plusieurs mois, voire plusieurs années.
L’expérience de Léa, 27 ans, en est une démonstration. Dans la cuisine de sa coloc lausannoise, elle nous raconte son parcours du combattant dans diverses crèches des cantons de Vaud et Neuchâtel: «Quand tu veux faire un apprentissage d’assistant socio-éducatif dans le secteur de l’accueil de jour des enfants, on te fait vite comprendre qu’il va falloir commencer par faire des stages, sinon tu n’as aucune chance d’obtenir une place.»