Comment les parents déficients intellectuels sont aidés à éduquer leurs enfants
ENQUÊTE - Des dizaines de milliers d'enfants sont élevés par des parents dont l'intelligence et les capacités d'adaptation sont inférieures à la moyenne. Ils sont souvent placés par la Justice.
En 2013, Flore et Maxime, 27 ans, se présentent au service d'aide et d'accompagnement à la parentalité (SAAP) de Mouvaux dans le Nord. Leur bébé a deux mois et la vie les déborde. Ils en ont de la veine, depuis 2003 le SAAP est là pour aider ceux qui, comme eux, ont une déficience intellectuelle. Celle-ci, dixit la Haute Autorité de Santé, désigne la «capacité réduite depuis l'enfance de comprendre une information nouvelle ou complexe et des capacités d'adaptation en dessous de la moyenne». En clair, Flore et Maxime travaillent mais dans une structure protégée, vivent seuls mais négligent de nettoyer leur logement, s'occupent d'eux-mêmes mais moyennement de leur fils, ils ne savent pas lire. «Ils avaient besoin d'être structurés», se souvient Gauthier Magnuszewski, le chef du service.
L'équipe du SAAP, composée d'éducateurs spécialisés, d'une éducatrice de jeunes enfants et d'une psychologue, définit avec eux leur projet. Ils veulent apprendre à faire une liste de courses ? D'accord. Élaborer un planning de tâches ménagères ? Fort bien ! Au fil des mois, des années, Flore et Maxime deviennent plus autonomes. Cette année naîtra leur troisième enfant. Pas sûr qu'ils aient encore besoin du SAAP. Selon les mots de Gauthier Magnuszewski, ils ont «développé des compétences parentales» et battent en brèche l'idée selon laquelle les gens comme eux seraient incapables de mener une vie de famille. Ce préjugé largement partagé correspond moins qu'avant au réel. Des aides, mal connues, existent.



Daurey
le
C’est très intéressant de discuter avec une personne de très faible intelligence. On découvre tout ce qu’elle ignore et tout ce qu’elle est absolument incapable de comprendre. On en ressort attristé et accablé mais c’est une expérience utile. En général, quand on reste dans son milieu, on n’en rencontre pas et on n’imagine même pas qu’il existe des cerveaux dotés d’un tel blindage.
anonyme
le
Si la distribution des intelligences suit une courbe en cloche, alors la moitié de la population possède une intelligence inférieure à la moyenne. La moitié de la population devrait être concernée par le dispositif, ce qui n’est pas le cas. Parler de personnes disposant de capacités inférieures à la moyenne constitue donc soit un euphémisme, soit une mauvaise formulation.