Bari 1991 : les souvenirs de Jean-Pierre Papin

28 juil 2014
Par 
Frédéric Rostain
Photos © 
Yannick Parienti / OM.net
Mercredi, l’OM retrouve le stade San Nicola, là où en 1991, le club marseillais a disputé sa première finale de Coupe d’Europe des Clubs Champions. Jean-Pierre Papin se souvient. Flashback.

Le 24 avril 1991, en venant à bout du Spartak Moscou, les Olympiens valident leur ticket pour la finale de la Coupe d’Europe des Clubs Champions. A l’époque, elle ne s’appelle pas encore Champions League. Le lieu de la finale est original : le sud de l’Italie, Bari plus précisément et son stade San Nicola, hôte de cinq matches de la coupe du monde 1990, construit pour l’occasion. Face à l’OM, l’adversaire aussi est pour le moins original. L’Etoile Rouge de Belgrade n’est pas un grand nom d’Europe mais la formation yougoslave a tout même éliminé les Glasgow Rangers et surtout en demi-finale le Bayern Munich. «C’était peut-être la première fois où nous nous retrouvions si loin dans la compétition face à un adversaire qui n’était pas, tout au moins théoriquement, plus fort que nous» rappelle Jean-Pierre Papin dans le livre célébrant ses 50 ans, sorti l’année dernière («JPP, le livre anniversaire» éditions Hugo Sport).

Cinq semaines plus tard, le 29 mai 1991, les Olympiens affrontent donc l’Etoile Rouge de Belgrade à Bari. Plusieurs dizaines de milliers de supporters des deux camps remplissent le stade San Nicola qui peut accueillir 58000 spectateurs. Malheureusement, ils assistent à un match sans but et avec de trop rares occasions. «Inconsciemment, nous n’avons pas joué notre football. Nous étions un peu plus "en dedans". Nous n’avons pas osé la tactique qui nous avait permis d’éliminer Milan, par exemple. Quand nous avons essayé, à dix minutes de la fin, c’était bien trop tard, les Yougoslaves se mettaient à défendre ensemble et nous à les attaquer, mais en vain. Durant toute la rencontre, nous nous sommes procuré des occasions, je pense au coup de tête de Bruno Germain ou à la tentative de Chris Waddle, voire à celle que j’ai eue, mais ça ne rentrait pas. Habituellement, ces essais auraient été transformés, pas ce soir-là. Nous ne lâchions pas les chevaux.»

Face à une équipe yougoslave composée de grands et de futurs grands joueurs (les éléments au milieu et en attaque composaient l’équipe nationale), Jean-Pierre Papin, meilleur buteur de la compétition en 1991 avec six réalisations, reconnaît que l’absence au coup d’envoi de Dragan Stojkovic a été préjudiciable au jeu développé par l’OM. «À la causerie, lorsque Raymond Goethals a annoncé que Stojkovic ne démarrait pas le match, nous avons pris un coup sur la tête. Sa composition n’était pas mal, avec Olmeta, Di Meco, Amoros, Boli, Carlos, Germain, Fournier, Pelé, Waddle et moi, mais il se privait tout de même de Tigana, Cantona et Stojkovic. De mon point de vue, avec autant de recul, c’était une erreur, car il ne composait pas l’équipe la plus forte. Du côté de l’Étoile Rouge, la crainte était la titularisation de Dragan Stojkovic. Lorsqu’il est entré en jeu, j’ai vu la peur sur leur visage, mais c’était trop tard. J’insiste, il fallait mettre "Pixie" au coup d’envoi, peu importe au détriment de qui. Avec lui, l’OM aurait certainement montré lors de cette finale un autre visage… Les Yougoslaves aussi, d’ailleurs. Pour moi, il était prêt.»

Après 120 minutes de jeu, la séance des tirs au but détermine donc le vainqueur de la C1. Hélas Manuel Amoros manque le sien et ce sont les Yougoslaves qui soulèvent le trophée aux grandes oreilles tant convoités. «L’Étoile Rouge de Belgrade était meilleure que nous à cet exercice. À chaque match, ils le faisaient. Et de notre côté, c’est terrible, c’est le plus fort d’entre nous peut-être à ce jeu, chargé de tirer les penaltys en équipe de France, qui le manque…»

Les amoureux de l’OM ont encore en mémoire les larmes de Basile Boli (qu’il séchera deux ans plus tard  à Munich). Ils se souviennent aussi avoir passé une mauvaise soirée. «Tout le monde est d’accord pour dire encore aujourd’hui que cette finale de 1991 n’était pas agréable. Ce n’était pas un beau match. Dans ce genre de rencontre, il faut avoir la chance de marquer assez rapidement afin d’obliger l’adversaire à se déployer

En 1991, l’OM champion de France, finaliste de la Coupe de France (perdue contre Monaco) et de la Coupe d’Europe des Clubs Champions a réalisé une saison exceptionnelle. «Mais elle me laisse un goût amer. L’ambition était de faire un triplé historique mais nous avons échoué, si près de l’objectif.»


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