La Gazette Drouot
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La Gazette de l'Hôtel Drouot - Top des enchères
Top des enchères
301 600 € frais compris. John Singer Sargent (1856-1925), Venise, aquarelle, 39,6 x 53,4 cm.
Sargent à Venise

Présentée comme la pièce phare de cette vacation normande, notre délicate aquarelle suscitait l’enthousiasme des amateurs. Dédicacée au crayon à madame Curtis, notre aquarelle révèle la passion de John Singer Sargent pour Venise. Après un premier séjour en 1880 dans la Cité des Doges, notre artiste y revient deux ans plus tard, invité au Palazzo Barbaro par son compatriote et cousin Ralph Wormeley. Séduit par les miroitements de la lumière sur l’eau, il représente de nombreuses vues de San Marco, de la Giudecca et des canaux. Sargent se rend ensuite à Venise presque chaque année jusqu’en 1913 ; il retrouve aussi son ami le romancier Henry James et représente avec bonheur la société cosmopolite vénitienne. Pour s’échapper justement des contraintes du portrait mondain, notre artiste pratique le plein air sur une gondole. Ses nombreuses aquarelles vont du classique Grand Canal aux petites scènes de la vie quotidienne prises sur le vif. Dépassant avec maestria les vedute traditionnelles, Sargent s’intéresse avant tout au jeu des lumières. Posant avec finesse les couleurs, il fixe comme Monet les impressions fugaces et chromatiques, à l’instar de notre magistrale aquarelle. Annoncée autour de 70 000 €, elle était bataillée ferme entre des musées, des particuliers et le négoce international. À 200 000 € étaient encore en lice cinq enchérisseurs. Quadruplant les estimations, elle gagne au final la collection d’un client étranger. Inspirée du cadrage photographique, la composition renonce à toute tentation de pittoresque ou de séduction. En quelques coups de pinceaux, Sargent suggère l’atmosphère unique de la Sérénissime.

Bayeux, mercredi 14 juillet
Bayeux Enchères SVV. M. Lefèvre.
 
736 700 € frais compris. Bentley Speed Six Tourer Le Mans 1930, recarrossée en 1938.
Rapport des courses : 6,8 M€

Sous une tente monumentale dressée en plein coeur du circuit mythique, le commissaire-priseur Hervé Poulain fêtait ses quarante ans de ventes automobiles. Devant une salle comble et animée, il conduisait la première vacation d’Artcurial Motorcars. Enregistrant un beau succès, il adjugeait 47 des 60 automobiles présentées pour un produit de vente de 6 815 000 € frais compris. Quatre voitures arrêtaient leur course au-delà des 500 000 €, seize autres franchissaient allégrement la barre des 100 000 €. La palme des enchères revient à une Ferrari Berlinetta 275 GTB/4, adjugée 740 000 €. Elle était talonnée par notre Bentley, qui a connu dans les années 1930 une réelle histoire d’amour avec le circuit manceau. Suite à ses victoires, de nombreux propriétaires ont fait carrosser leur limousine en tourer Le Mans, comme notre modèle attendu entre 390 000 et 500 000 €. Après une belle joute d’enchères, elle était emportée par un amateur allemand présent en salle. L’autre point fort de la vacation était la collection d’un homme d’affaires parisien réunissant huit automobiles. Débattue avec enthousiasme par de nombreux amateurs français et étrangers, elle atteignait 2 261 700 €. Un collectionneur américain se portait acquéreur de notre Lamborghini. Affichant un kilométrage d’origine des plus faibles, elle est sans aucun doute la plus belle Miura SV en circulation. Matching numbers en tous points, elle présente aussi un intérieur jamais remplacé, strictement d’origine et excellemment conservé. Autre voiture mythique, une élégante AC Cobra 289 MK II trouvait acquéreur à 370 000 €.
Venant de la collection de Bernard Tapie, une Porsche 959 à l’aérodynamique soignée était vendue 198 000 €. Affichant une ligne incontournable, une fringante Dino 246 GTS partait à 110 000 €. Attendue autour de 100 000 €, une magnifique Aston Martin DB6 Mark I Superlegerra de 1966 était disputée jusqu’à 150 000 €. Une Lamborghini Countach 25 th Anniversary de 1989 était encore enlevée à 95 000 € tandis qu’une Lamborghini 400 GT 2+2 Superleggera de 1967 dépassait largement les estimations, recueillant 145 000 €. Renouons pour finir avec les 24 Heures internationales du Mans : un historique coupé CD Panhard de 1962, voiture personnelle du directeur du service compétition de Panhard, franchissait la ligne d’arrivée à 140 000 €. Possédant un important dossier d’archives, elle restera en France.

Circuit des 24 Heures du Mans, vendredi 9 juillet.
Artcurial-Briest-Poulain - F.Tajan SVV.
 
80 000 € frais compris. Collection intégrale
de guides rouges Michelin dont 90 guides France de 1900 à 2000, XXe siècle.
Record mondial pour des guides Michelin

Depuis une décennie, l’étude clermontoise organise régulièrement des ventes autour de la marque pneumatique Michelin. Provenant cette année de la collection du restaurateur belge Alain Morel, plus de 530 lots étaient ainsi dispersés aux enchères dans le cadre prestigieux du casino de Royat-Chamalières. Fort débattus par divers enchérisseurs présents en salle et sur plusieurs lignes
de téléphone, ils doublaient les esti mations pour atteindre 200 000 €. Avancée autour de 250 €, l’affichette réalisée par Henri Grand’Aigle pour le Guide Michelin de 1920, pulvérisait à 1 600 € les estimations. Quant à notre importante et rarissime collection intégrale des guides rouges, elle doublait largement les estimations, annoncées autour de 30 000 €. Créés au début du XXe siècle comme de simples objets de promotion, offerts souvent en échange d’un achat de pneus, nos guides répertorient chaque année les hôtels, les restaurants et les sites touristiques, donnant des appréciations et des renseignements précieux. Vendus à partir de 1920, les guides deviennent peu à peu de véritables références du bon goût. Proposée en excellent état, notre collection aiguisait l’appétit de nombreux amateurs. Accompagnée de plusieurs autres guides belges, anglais, italiens, portugais ou marocains, elle recèle aussi des cartes pour les années allant de 1902 à 1907. Adjugée au final à un particulier, elle servira de décor à un futur grand restaurant. À regarder, à feuilleter et à consommer sans modération !

Royat-Chamalières, samedi 10 juillet.
Vassy-Jalenques SVV. M. Gonzalez.
 
34 800 € frais compris.
Louis Lagrenée (1725-1805), La Vierge veillant l’Enfant -Jésus endormi, toile, 59 x 74 cm.
Cantique à la tendresse maternelle

Ce tableau religieux magnifiant l’amour maternel touchait de nombreux amateurs, présents en salle et sur plusieurs lignes de téléphone. Disputé avec ardeur entre divers enchérisseurs, il était finalement décroché par un client anglais. Inédit sur le marché, il possède un pedigree original, en complète harmonie avec la solidité des liens maternels. Issu d’une succession régionale, il a été en effet transmis de mère en fille sur cinq générations ! Sa première propriétaire, Félicité-Sophie, la duchesse de La Rochefoucauld (1745-1830) le donna d’abord à sa petite-fille la marquise de Castelbajac, qui le remit à la duchesse de Reggio. Il fut ensuite légué aux marquises de Quinsonas et de Chavagnac jusqu’aux descendants actuels. Magistralement peint, il est l’oeuvre de Louis Lagrenée, connu sous le nom de Lagrenée l’Aîné. En véritable peintre académique des Lumières, il mène une brillante carrière officielle. En 1781, il est ainsi nommé directeur de l’Académie de France, à Rome. Réalisant de nombreuses commandes officielles, notre artiste travaille aussi pour divers particuliers, sensibles à sa peinture raffinée, chargée d’inflexions sentimentales, à l’exemple de notre tableau. La finesse des demi-teintes, les accords subtils des couleurs claires révèlent un métier sûr et brillant. Dénuée d’emphase, la composition renforce le sentiment de douceur ineffable et d’abandon. Ce sont justement ces qualités de naturel, d’idéal, de dignité et de simplicité qui ont valu à Louis Lagrenée le surnom flatteur d’"Albane moderne".

Saumur, samedi 10 juillet.
Xavier de La Perraudière SVV. Cabinet Turquin-Mauduit.
 
61 200 € frais compris.
Pierre Hodé (1889-1942),
Le Port de Rouen, huile sur toile, 60 x 73 cm.
Hodé peintre de l’estuaire

A l’honneur dans le cadre de "Normandie impressionniste", les peintres de l’estuaire remportaient lors de cette vente honfleuraise la palme des enchères. Pierre Hodé recueillait ainsi le score le plus haut de la vacation avec notre tableau, annoncé autour de 30 000 €. Grâce à l’essor fluvial de Rouen, le jeune homme est employé à l’âge de quinze ans comme commis sur le port ; dès cette époque, il représente les rives de la Seine selon la technique impressionniste. Monté ensuite à Paris, Pierre Hodé s’installe au début de la Première Guerre mondiale au Bateau-Lavoir où il côtoie l’élite cubiste : Juan Gris, Metzinger et surtout Pablo Picasso, son voisin d’atelier. Revenu à Rouen, Hodé illustre diverses publications, telle la Revue du Foyer, un journal mensuel du foyer artistique et littéraire tout en transcrivant des paysages et des natures mortes. Influencé par la plastique exigeante du cubisme, Pierre Hodé délaisse les techniques chères à Monet et réalise des toiles rigoureusement construites. Membre de la Société normande de peinture moderne, notre artiste expose ses tableaux à Rouen, à Paris ainsi qu’à l’étranger. Il devient l’un des plus importants représentants des peintres normands. Séjournant régulièrement à Honfleur, Pierre Hodé peint également plusieurs vues du port de Rouen, composées avec une rigueur librement adaptée du cubisme. Tel est le cas de notre toile où l’emploi intensif du vert, du noir et du blanc distille bien l’atmosphère souvent embruinée des docks rouennais.

Honfleur, dimanche 11 juillet.
Honfleur Enchères SVV. M. Autané.
 
77 350 € frais compris.
Henry Moret (1856-1913),
La Rivière de Pont-Aven, 1902, huile sur toile, 46 x 61 cm.
Moret en Bretagne

Annoncé comme l’une des toiles maîtresses de cette vente douarneniste dédiée aux écoles bretonnes, notre tableau répondait largement aux attentes. Commencées à 25 000 €, les enchères franchissaient allégrement les paliers jusqu’à 60 000 €. À ce stade, étaient encore en joute huit enchérisseurs : trois amateurs présents en salle, les autres monopolisant cinq lignes de téléphone. Au final, notre tableau dépassait largement la fourchette haute des estimations, avancées autour de 45 000 €. Il traversera l’océan Atlantique pour enrichir la collection d’un client américain. Portant les références "Durand Ruel 7256" et "47 48", il appartient à une magnifique série d’oeuvres qu’Henry Moret a peinte à son retour de Hollande. Notre artiste, commandité par le célèbre marchand, s’est établi à partir de 1896 dans le petit port de Doëlan, représentant alors sous toutes les coutures les rives et les terres armoricaines. Dévoilant les rochers déchiquetés de la Côte sauvage, il met en scène avec autant de brio les paysages enneigés ou moissonnés de la campagne bretonne. Influencé d’abord par le cloisonnisme synthétiste, Henry Moret revient au début du XXe siècle, aux techniques chères à Claude Monet. À cette époque, il accomplit une fusion harmonieuse entre l’impressionnisme et les leçons de Gauguin, comme l’illustre notre tableau. Bien distinctes les unes des autres, les couleurs sont traitées par des touches en virgules régulières et pures. Les aplats ont définitivement disparus. Les tons mordorés de la rivière et du ciel au couchant irradient ainsi de lumière la surface de l’eau. C’est un retour à la nature, aux pures impressions visuelles.

Douarnenez, samedi 17 juillet.
Thierry-Lannon & Associés SVV.
 
48 800 € frais compris.
Richard Orlinski (né en 1966), Panthère, polyrésine, numérotée 3/8, h. 70, l. 144 cm.
Panthère rugissante

Lors de cette vente cannoise, la sculpture contemporaine se taillait la part du roi avec notre spectaculaire félin, oeuvre de Richard Orlinski. Après avoir étudié à l’école nationale d’arts plastiques de Neuilly-sur-Seine, le jeune homme explore les multiples possibilités de la sculpture à travers plusieurs matériaux industriels. Influencé par le pop art, notre artiste est proche des démarches artistiques d’un Richard Prince, d’un Jeff Koons, qui détournent les objets selon une logique de démultiplication. Articulant son travail autour du concept Born Wild, Richard Orlinski réalise ainsi des oeuvres à l’impact visuel fort, aux surfaces lisses, saillantes et brillantes. Par exemple, il sculpte un impressionnant crocodile rouge en polyrésine réalisé grandeur nature. Décliné ensuite en différentes tailles, couleurs et matériaux, il est successivement exposé à la FIAC, à Art Paris, puis à New York. Également façonnée en polyrésine, notre panthère symbolise la féminité sauvage. Après avoir été présentée à Paris dans les salons du Fouquet’s durant l’hiver 2010, elle a ensuite accueilli en mai dernier les invités lors de la soirée d’ouverture du 63e festival de Cannes à l’hôtel Majestic Barrière. Annoncé autour de 22 000 €, notre modèle doré à la feuille d’or suscitait une vive rixe d’enchères entre le négoce international et divers amateurs tant français qu’étrangers. Après une rude joute entre la salle et plusieurs téléphones, elle était finalement adoptée sous les applaudissements du public par un acheteur monégasque.

Cannes, samdi 10 et dimanche 11 juillet.
Cannes Enchères SVV. M. Willer.
 
273 160 € frais compris. Lucas Janszoon Waghenaer
(vers 1534-1606), Speculi Marini, integram cum Borealis… Leyde, 1586, un volume in-folio, reliure de l’époque plein veau.
Festival d’atlas hollandais

La maison Piasa dispersait aux enchères durant deux jours une partie des collections de la citadelle Vauban. Dispersés le vendredi, les atlas et les cartes anciennes étaient portés au pinacle des vacations, inscrivant 86,50 % de produits vendus. À tout seigneur, tout honneur, les passions se portaient sur notre ouvrage, rien moins que le premier atlas marin européen de grand format. Indiqué autour de 70 000 €, il triplait au final largement les estimations. Prestigieusement présentée, cette somme du cartographe hollandais Lucas Waghenaer recélant des cartes précises, se veut l’ouvrage le plus complet et le plus exact possible, en dépit des impératifs techniques. Excellemment conservé, notre exemplaire en latin réunit ainsi de nombreuses connaissances, de l’art pictural à la xylographie, et apporte de précieux renseignements sur la cartographie à la Renaissance. Il était talonné, à 125 000 €, par The English Pilot. The Third Book, 1711, comportant 36 cartes gravées, dont une du monde dite de Mercator décuplant les estimations, il a été réalisé par le cartographe anglais Samuel Thornton. Donnons maintenant deux enchères recueillies sur des atlas de Willem Janszoon Blaeu, ce géographe, cartographe et imprimeur amstelldamois, élève de Tycho-Brahé qui doit sa réputation au Theatrum Mundi publié en 1619. Avec ses fils, Blaeu renouvelle ensuite les cartes terrestres et maritimes, au fur et à mesure des découvertes. Ainsi Europa, une carte sur vélin de l’Europe occidentale et de l’océan Atlantique, incluant même le Groenland, s’élevait à 73 000 €. Annoncé autour de 30 000 €, le Zeespiegel, Inhoudende Eene, paru à Amsterdam en 1624, doublait ensuite les estimations, pour être acquis à 67 000 €. Ne quittons pas la cartographie hollandaise, grâce aux 32 000 € qui s’inscrivaient sur Le Grand et Nouveau Miroir ou Flambeau de la mer contenant une description de toutes les côtes marines occidentales et septentrionales, par Pieter Goos, Amsterdam, 1662. L’ouvrage traduit en français par Paul Yvounet diffère complètement des éditions anglaises et hollandaises : il comprend, entre autres, des cartes des Pays-Bas, d’Espagne, des côtes du Maroc, avec les Canaries. Le texte indique encore les itinéraires maritimes à suivre et les dangers à éviter…

Belle-Ile-en-Mer, Le Palais, vendredi 16 juillet.
Piasa SVV. M. Petitcollot.
 
102 000 € frais compris. Victor Hugo (1802-1885), carnet de poche, couvrant la période du 15 juin
au 31 décembre 1872, 63 feuillets, reliure de l’époque à dos décoré de fleurs.
Feuilles hugoliennes

Organisée au château de Miromesnil, lieu de naissance probable de l’écrivain Guy de Maupassant, la vente mettait en exergue un autre écrivain du XIXe siècle, Victor Hugo. Indiqué autour de 5 500 €, un agenda relatif aux mois de juillet et d’août 1834, inséré dans une boîte-étui, doublait les estimations. Adjugé 12 000 €, cet émouvant document comprend cinq notes : les lettres d’amour prises sur le vif au milieu de la nuit et adressées à la maîtresse de l’écrivain, l’exquise Juliette Drouot : "Ta joie est ma joie. que m’importe que la vie soit sombre pour moi, pourvu que ton beau visage rayonne…" Quant à notre carnet de poche, enrichi de nombreuses photos et de cartes de visite, il aurait appartenu à Louis Barthou, avocat, journaliste et homme politique. Inédit, il dévoile Victor Hugo sous divers aspects : l’écrivain, l’homme et l’exilé. De nombreux comptes entremêlés aux notes illustrent la grande générosité d’Hugo envers les miséreux de Guernesey. Notre homme prie encore face au sort malheureux des filles pauvres, obligées dès 16 ans à se prostituer. Républicain engagé, Victor Hugo se révolte contre le destin des communards condamnés ; il s’indigne ainsi de leur sort, les qualifiant de "forçats à perpétuité !". Concernant ses travaux d’écriture, l’écrivain reprend son habitude pour L’Homme qui rit de "marquer chaque jour par une barre dans la marge du manuscrit à l’endroit où j’interromps mon travail de la journée". Suscitant la convoitise des musées, des amateurs et du négoce international, notre carnet gagne finalement la collection d’un client français au double des estimations.

Tourville-sur-Arques, dimanche 18 juillet. Me Wemaëre - de Beaupuis Enchères SVV, Me Denesle. M. Courvoisier.
 
66 270 € frais compris. Album personnel de Suzanne Lulling comprenant plus de 47 photographies de Christian Dior,
de Marc Bohan, de Yves Saint Laurent à ses débuts et quelques dessins.
Yves Saint Laurent for ever

Contenu dans l’album personnel de Suzanne Lulling, directrice de la maison Dior de 1946 à 1962, un exceptionnel dessin d’Yves Saint Laurent, daté du 31 janvier 1962, incitait les amateurs à pulvériser les estimations, indiquées autour de 2 500 €. Emballé dans un papier rouge portant les initiales CD (Christian Dior), le recueil rappelle effectivement que notre jeune couturier débuta d’abord comme assistant modéliste chez le créateur du New Look. Apprenant les secrets de la coupe et du monde de la couture, Yves Saint Laurent devient ensuite l’assistant de Christian Dior. À la mort soudaine de ce dernier en 1957, il lui succède à la tête de la maison, devenant le plus jeune couturier du monde. L’année suivante, Saint Laurent présente une première collection Dior. La fameuse ligne trapèze est un triomphe. Partant des épaules et du buste avant de s’évaser progressivement, la coupe des robes rend aux femmes une liberté de mouvement. Appelé au service militaire, notre jeune couturier est remplacé chez Dior par Marc Bohan. Convaincu du talent d’Yves Saint Laurent, Pierre Bergé persuade un richissime homme d’affaires américain, J. Marck Robinson, d’apporter les fonds nécessaires pour créer une maison de couture. Une première collection est ainsi présentée en janvier 1962, rue Spontini à Paris. Après la mode du caban, la maison Saint Laurent lance le smoking féminin, les sahariennes… Notre album était bataillé avec enthousiasme par de fervents amateurs. Au final, il gagne la bibliothèque d’un grand collectionneur français.

Granville, dimanche 11 juillet.
Rois SVV. M. Leray.