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L'agenda des ventes aux enchères |
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Jean Desforges dit DF, commode à panneaux
de laque de Chine, bronzes dorés, marbre brèche d’Alep, estampillée «DF», vers 1730-1735, 88 x 134 x 60 cm.
Estimation : 800 000/900 000 €.
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En couverture cette semaine |
Tout dans cette commode évoque l’opulence de la demeure d’un personnage resté inconnu. Le coût des panneaux de laque importés de Chine, la fabrication des somptueux bronzes rythmant la surface du meuble et la renommée de l’ébéniste laissent imaginer la richesse de l’intérieur à laquelle elle était destinée. Jean Desforges, maître ébéniste exerçant rue du Faubourg-Saint-Antoine, appartient très probablement à la même famille que le marqueteur Denis Desforges, collaborateur de Boulle. Réputé pour ses ouvrages à panneaux de laque, il participe pleinement à l’épanouissement du style rocaille. Si une commode est visible au musée Gulbenkian à Lisbonne, nous connaissons plusieurs modèles, dont certains à panneaux de laque à fond rouge passés en ventes publiques ces dernières années. Deux commodes, l’une en bois de rose et laque de Chine, l’autre en bois d’ébène et laque du Japon, sont décrites dans le catalogue de l’exposition consacrée au goût chinois en Europe, organisée en 1910 par l’Union centrale des arts décoratifs. François de Salverte, qui a rédigé une notice sur Desforges dans Les Ébénistes du XVIIIe siècle, signale également une paire d’encoignures ayant figuré dans la vente de l’antiquaire Leroy à Versailles. Trois panneaux de laque de Chine à thème de pagodes, paysages montagneux, végétaux, rochers et nuages ont été utilisés pour notre commode. Ils ont été exécutés avec un certain relief afin que la lumière accroche leur couleur or. Provenant peut-être d’un paravent réalisé sous le règne de l’empereur Kangxi de la dynastie Qing, vers 1700-1715, les panneaux sont assemblés avec grand soin. Même les côtés sont travaillés avec minutie, agrémentés de panneaux de laque à motif de volatiles parmi des végétaux. En admirant cette commode, merveille d’équilibre malgré la richesse de son décor, on peut l’imaginer s’insérant devant des panneaux de boiseries, éclairée par le jour tombant de hautes fenêtres et sous de vastes lustres. Un rêve... |
Vendredi 21 mai, Paris, Drouot-Richelieu - salle 1.
Marc-Arthur Kohn SVV. |
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Louis Aragon - Pablo Picasso, Le Carmen des Carmen, Paris, Éditeurs français réunis, 1964, in -4o,
illustré d’une lithographie, trois aquatintes
et une pointe-sèche et de reproductions.
Estimation : 30 000/40 000 €.
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Pour les beaux yeux de Carmen |
Picasso adolescent est fasciné par Carmen, la belle gitane héroïne du conte de Mérimée, publié en 1845, et de l’opéra de Bizet, créé en 1875. Des amours torrides conduisent à la mort, sur fond de brigandages et de corridas. Comment l’artiste, ami des prostituées de Barcelone, aurait-il pu ne pas être séduit par celle qui «avait un jupon rouge fort court, qui laissait voir des bas de soie blancs [...], des souliers mignons de maroquin rouge attachés avec des rubans couleur de feu» ? Et, précise Mérimée, «avançait en se balançant sur ses hanches comme une pouliche du haras de Cordoue»... En 1957, le peintre orne de dessins un exemplaire de Carmen acheté par Marcel Duhamel, qui propose à Louis Aragon de publier ce volume... désormais illustré. Pour l’occasion, Picasso réalise une pointe-sèche, une lithographie et quatre aquatintes : pas de doute, ce thème continuait à le fasciner. À cette époque en effet, l’artiste n’a guère plus de liens avec Aragon. Il est vrai qu’ils n’avaient jamais été proches, et leurs rapports s’étaient encore plus distendus lorsque le poète, devenu chantre du parti communiste, porta aux nues la peinture du réalisme socialiste. Cependant, Picasso continue à fournir quelques gravures et dessins pour Les Lettres françaises, revue dont Aragon est le directeur de la Libération à 1972. Le volume proposé lors de cette vente est l’un des 275 exemplaires signés par eux deux et l’un des trente sur japon nacré, numéroté XXIX, avec les cinq estampes et une aquatinte supplémentaire, signées par Picasso. Il comporte également quatre épreuves rayées des aquatintes sur vélin à grandes marges, une autre également rayée de la pointe-sèche, ainsi que la décomposition de la lithographie en deux épreuves (noir et ocre) en partie effacées par une croix. |
Jeudi 29 avril, salle Rossini.
Alde SVV. M. Courvoisier. |
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Chanaux - Pelletier.
Vitrine en noyer et placage de noyer
toutes faces, incrustations
de filets d’acier, estampillée «CP»,
177,5 x 81 x 53,8 cm.
Estimation : 6 000/8 000 €.
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Le duo Chanaux - Pelletier |
La marque «CP», pour Chanaux et Pelletier, indique que cette vitrine a été réalisée avant 1930, année où Gilbert Pelletier, âgé de cinquante-trois ans, cède ses parts à Jean-Michel Frank. Adolphe Chanaux, ébéniste, s’est vu confier la réalisation des dessins des plus grands ensembliers de ces années 1925-1930. Formé chez André Groult, il reprend un des ateliers de son maître. À partir de 1921, il figure dans les annuaires commerciaux comme «décorateur en tous genres», à l’adresse du 7, rue Montauban, lieu contigu à La Ruche. L’année suivante, Gilbert Pelletier devient associé et gérant de cette entreprise comptant une quarantaine d’ouvriers, connue pour travailler les matériaux les plus divers et pour l’excellence de sa main- d’œuvre. La société Chanaux et Pelletier réalise les meubles les plus sophistiqués de Jacques-Émile Ruhlmann, Marcel Coard, Pierre Chareau... et déjà de Frank, notamment pour les salons de Charles et Marie-Laure de Noailles vers 1926. Frank lui confiera aussi, vers 1928, l’installation de son appartement rue de Verneuil. Ainsi naîtra «cet étrange luxe du rien» cher à François Mauriac... |
Mardi 27 avril, espace Tajan, à 19 h. |
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Chine, XVIIIe siècle, dynastie Qing, règne de Qianlong. Deux thang-ka sur toile représentant
des luohans,
82 x 56 cm,
calligraphie 28 x 57 cm.
Estimation : 30 000/35 000 €.
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Héritage tibétain |
De la terre historique du Bouddha jusqu’à la Chine, l’iconographie bouddhique s’est enrichie du panthéon tibétain et de traditions locales, au long de la route de la soie. Certains empereurs, comme Yongle de la dynastie Ming et Qianlong, de la dynastie Qing, semblent avoir été de fervents adeptes de cette religion. Qianlong se fit ainsi construire un tombeau empli d’effigies des divinités protectrices. Il est difficile pour un profane de s’y retrouver dans les arcanes de cette doctrine des trois «Véhicules», avec les innombrables représentations de bouddha, des boddhisattvas (êtres d’éveil), des luohans et autres saints, disciples... Chaque thang-ka figure un luohan assis, l’un esquissant, sur un socle près d’une cascade, le geste de la méditation, l’autre, celui de l’éducation. Tous deux sont surmontés d’une calligraphie en chinois, mongol, mandchou et tibétain, respectivement datées de la 59e année (1794) et de la 58e année (1793) du règne de Qianlong. On sait que cet empereur a fait répertorier tous les dharanis et qu’il se fit représenter sur un thang-ka en costume bouddhiste, œuvre réalisée vers 1758 et conservée au musée du Palais impérial, à Pékin. Qianlong installa aussi dans le palais de son père, en 1744, des moines d’obédience tantrique, environ cinq cents moines et novices aux origines tibétaines, chinoises, mongoles et mandchoues. Aujourd’hui, cet édifice est connu comme temple des Lamas. |
Mercredi 28 avril, salle 4 - Drouot-Richelieu, à 13 h 30.
Beaussant - Lefèvre SVV. Mme Buhlmann, M. Portier. |
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Théodore Deck (1823-1891),
deux plats en céramique émaillée, à décor orientaliste d’homme au turban,
signé «Alex Aug. Hirsch», l'autre égyptisant, diam. 61,5 cm.
Estimation : 2 000/3 000 €
pièce
(plats vendus séparément avec faculté de réunion)
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Théodore Deck et l’Orient |
Théodore Deck a joué un rôle majeur dans le renouveau de la céramique, en faisant évoluer les techniques et en ouvrant la discipline aux arts de toutes les époques et origines. Les faïences d’Iznik – redécouvertes à l’occasion d’une exposition au musée de Cluny – l’encouragent fortement dans ses recherches, en particulier sur les émaux, et l’incitent également à se tourner vers l’Orient. Ainsi, sur les réalisations de notre céramiste, aux côtés de motifs végétaux stylisés, s’invitent des portraits de personnages exotiques. Nos deux plats en sont un beau témoignage. Si l’un revisite le papyrus égyptien, l’autre est un véritable travail de création, que l’on doit également à un grand peintre. Comme de nombreux artistes de talent – Bracquemond, Lachenal, Anker, Benner ou Longuet –, Hirsch collaborera avec Théodore Deck à la réalisation de pièces originales. En 1858, après un tour de compagnonnage à travers l’Empire austro-hongrois et l’Allemagne, notre céramiste originaire de Guebwiller en Alsace – où un musée lui est désormais consacré – ouvre à Paris au 46, boulevard Saint-Jacques, un atelier «Faïences d’art» avec son frère, Xavier. Dès les premiers salons, son talent est reconnu. Les commandes et récompenses affluent. En 1861, grâce à sa médaille d’argent à l’Exposition des arts industriels, Deck obtient la réalisation du décor mural de l’hôtel de Païva, sur les Champs-Élysées. La consécration vient en 1887, avec sa nomination à la tête de la manufacture de Sèvres. Une technique parfaite, des pâtes maîtrisées, des fonds d’or mais également le choix de couleurs éclatantes, dont le célèbre «bleu de Deck», servent à la perfection le travail des peintres. |
Marseille, dimanche 25 avril.
Prado Falque Enchères SVV. |
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René Seyssaud (1867-1952), L’Entrée du port à Marseille,
huile sur toile, 55 x 65 cm.
Estimation : 30 000/35 000 €.
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Marseille dans tous ses états |
Marseille sera bien au cœur de cette vente réunissant peintures et photographies. Des plans gravés du XVIIIe siècle aux toiles de Pierre Ambrogiani, en passant par les photos d’après-guerre de Willy Ronis, la cité phocéenne se dévoile aux amateurs en plus de 300 lots. Depuis le milieu du XIXe, la ville est un fabuleux creuset artistique. Nombreux sont les peintres locaux partis se former à Paris avant de revenir au pays, forts de nouvelles aventures picturales et avec l’envie de lui rendre hommage. Cet échange entre la capitale et Marseille sera au cœur d’un incroyable développement. Des écoles et salons voient alors le jour, dans la cité phocéenne, et se nourrissent des visites d’artistes de renom tels Cézanne, Van Gogh ou Gauguin. René Seyssaud est le parfait exemple de l’artiste provençal. Après les beaux-arts de Marseille et d’Avignon, il entame à partir de 1896 une brillante carrière parisienne. Mais bientôt, se languissant de son cher Sud, le peintre pleinement engagé dans les recherches fauvistes s’installe dans le Ventoux, tout en exposant ses toiles à Paris. Notre Entrée du port de Marseille illustre un aspect plutôt sensible de son œuvre. De sa génération, retenons encore Jean-Baptiste Olive avec Pêcheur sur la corniche à Marseille (28 000/30 000 €), mais aussi Louis Mathieu Verdilhan avec des Meules de foin au violent chromatisme (15 000/18 000 €). |
Marseille, samedi 24 avril.
Damien Leclere Maison de ventes aux enchères SVV. M. Benarroche. |
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Sabre au modèle
des armes de récompense
nationale
de la manufacture Boutet, à Versailles,
offert par les consuls
au général de division Lamartillière,
8 floréal an IX.
Estimation : 45 000/50 000 €.
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Souvenir du général de Lamartillière |
Son nom est inscrit, sur l’Arc de Triomphe, aux côtés des héros de la France. Le général de Lamartillière compte parmi ces hauts personnages militaires que Napoléon Ier honora en élevant au rang de comte de l’Empire, en 1808. Cette vente toulousaine rend hommage au général en dispersant une dizaine de lots lui ayant appartenu, parmi lesquels notre sabre de luxe. Chargé du commandement de l’artillerie de l’armée des Pyrénées orientales, il démontre toute sa valeur au cours de plusieurs batailles. Devenu général de division, Lamartillière commande à partir de 1797 l’armée du Rhin, avec laquelle il aura fort à faire. La paix revenue, Napoléon Ier l’introduit au Sénat le 25 décembre 1801, quelques mois après lui avoir remis notre superbe épée, le 8 floréal an IX (28 avril 1801), gage de sa reconnaissance. Elle s’orne d’une monture en bronze doré surmontée d’un écusson en plateau décoré d’un flambeau, de feuillages en volutes, le pommeau en forme de lion. On ne connaît qu’une douzaine d’exemplaires de cette épée, dont certains furent offerts aux généraux de division Victor, Lannes ou Murat. Notre modèle, en très bon état, possède encore sa lame bleuie et dorée gravée de trophées et de feuillages, ainsi que son fourreau, en tôle de fer bleuie, orné de motifs de trophées, de la peau de lion d’Hercule et d’un bonnet phrygien. Nommé pair de France en 1814, le général de Lamartillière s’éteindra cinq ans plus tard, à l’âge de 87 ans, laissant derrière lui de nombreux souvenirs. |
Toulouse, samedi 24 avril.
Primardéco SVV. M. Blondieau. |
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Isamu Noguchi
(1904-1988), Erai Yatcha Noi, bronze à patine vert nuancé de brun, h. 61 cm.
Estimation : 28 000/32 000 €.
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Noguchi sculpteur |
Cette sculpture révèle un autre versant du talent d’Isamu Noguchi, mondialement connu pour ses fameuses lampes «Akari», dites «boules japonaises» – inspirées des lampions de pêcheurs au cormoran –, en papier washi et structure de bambou. Cosmopolite et multidisciplinaire sont les deux adjectifs qui définissent le mieux la personnalité de cet artiste américano-japonais. Sculpteur de formation, il s’adonna également au design et à l’architecture. Né à Los Angeles en 1904 d’un père japonais et d’une mère américaine, l’artiste passe son enfance au Japon avant de revenir aux États-Unis en 1918. Parallèlement à ses études de médecine, Isamu Noguchi apprend la sculpture. Ses professeurs sont séduits par son travail et lui offrent, en 1924, sa première exposition. Puis, grâce à l’obtention d’un prix, Nogushi s’envole en 1927 pour Paris. Pendant deux ans, il y approfondira son art, notamment auprès de Constantin Brancusi, devenu son mentor. Puis, les influences se mêlent, art d’Extrême-Orient et avant-gardes occidentales, pour former une œuvre riche et complexe. Cette sculpture aux formes simplifiées sera tout d’abord créée en terre cuite, en 1931, avant d’être fondue dans le bronze en plusieurs exemplaires. Elle représenterait Kintaro, un jeune garçon à la force surhumaine issu du folklore nippon. Une image primitive remise au goût du jour par un chantre de la modernité. |
Limoges, dimanche 25 avril.
Étude Galateau SVV. |
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